je vais faire un petit tour

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mercredi, mars 22, 2006

Chau Che !

La palette de peintures est de sortie. Oh ! Pas la mienne. Les conditions ne sont pas encore réunies pour. Non celle de la nature. J'ai déjà parlé de la couleur hallucinante que peuvent prendre les roches ; ces concordances qui forment des dessins irréalistes dans les vallées du Rio Mendoza ou dans les Quebradas autour de Cafayate (voir les épisodes précédents...). Mais là, dans la quebrada d'Humahuaca, celle qui mène á la frontière avec la Bolivie, je crois que c'est le plus beau tableau minéral naturel qu'il m'ait été donné de voir. Toute la palette est ici présente. Du rouge lis de vin au jaune vif en passant par tous les ocres, du vert argenté, des bleus mystérieux... Le tout épousant harmonieusement les courbures des montagnes pour offrir des formes improbables.
Dans cette quebradas, il y a plusieurs villages : Purmamarca, á l'entrée de la vallée où je suis ce soir et qui est en passe de devenir le Saint Circq Lapopie du coin, puis Tilcara, Huacalera, Uquia et enfin, á la sortie de la quebrada, Humahuaca, où je suis resté quatre jours. Comme souvent, á la descente du bus, je rencontre une personne qui m'indique une hospedaje sympathique et pas cher. Ici, c'était un avocat de Berlin, parlant un espagnol parfait. C'était le seul promeneur dans le village á l'heure de la sieste (Ici, c'est plus que sacrée...). Il revenait sur les pas d'un grand voyage d'un an et demi réalisé il y a 35 ans en Amérique du Sud. Il essayait de retrouver quelques amis perdus. Peut être aussi quelques regrets sur une vie professionnelle qui a enfoui profondément ces rêves de jeunesse... On ne sait jamais ce que l'on vient trouver dans un voyage. Mais on le trouve toujours...
L'hospedaje est á la fois tranquilo, simpatico y barato... Je m'y installe avec un certain plaisir suite á l'agitation de la ville á Jujuy, dans l'optique de dormir, de me balader dans les paysages minérals alentour, aller voir plus loin encore dans la montagne et essayer de faire passer un mal de ventre qui commence á se prolonger suite á un passage dans un resto coopératif mais douteux au niveau de l'hygiéne de Jujuy...
Après un courte sieste, je rencontre sur la place du village, Julio, le teint cuivré de natif, une barbe sans collier, les cheveux longs attachés et ce sourire dans les yeux que l'on retrouve souvent ici... Il me propose d'aller visiter une maison typique construite en adobe (rien á voir avec Photoshop), le torchis. Il est en train de la reconstruire et veut faire découvrir la méthode de construction, qu'il connaît par coeur, ou avec coeur, car on sent réellement que cette maison qu'il réserve á sa petite fille de 3 ans est aujourd'hui toute sa vie. Après un petit tour dans l'église du village qui montre de magnifiques meubles en bois de cardones, les grands cactus du coin, je le rejoins sur la place. La maison est effectivement dans un état relativement alarmant pour une bâtisse en terre. Il n'y a plus de toit et le torchis commence á fondre doucement. Heureusement qu'il ne pleut pas beaucoup ici... Au bout d'une grosse demi heure d'explication et de visite, on s'installe dans le jardin attenant, assis sur des branches d'arbres, pour déguster des biscuits avec de la dulche de leche (confiture de lait), de la dulche de cayote (confiture d'un fruit local) et de mélasse de canne á sucre, ainsi que des tisanes d'herbes de la vallée "très bonnes pour le ventre". Ça tombe très bien Julio... Il me raconte toute son histoire, celle de sa famille, de sa petite fille qu'il aime par dessus tout, ça pendant une bonne heure. Je suis bien, j'écoute et son histoire me touche. Il faut croire que ma disposition á l'écouter lui fait plaisirs. Il me propose que l'on se rejoigne après le déjeuner et la sieste pour une balade dans les falaises face au village... Mieux que n'importe quel guide. Je reverrai chaque jour, Julio qui m'a recopié la méthode de fabrication d'une maison en adobe, l'histoire du village et les bienfaits de chaque plante (3) que nous avons goûté en tisane... Ce matin, avant de partir, je suis allé lui dire au-revoir. C'était très émouvant...
Pendant ce séjour, je suis aussi allé á la Laguna de Pozuelos á 80 kilomètres de là. C'est un lac qui a trouvé sa place sur un immense plateau á 4000 mètres d'altitude. Ici, les grands Flamands rose et de nombreuses sortes d'oiseaux ont trouvé refuge. Il n'y a qu'un petit village et l'accès au lac n'est pas simple et surtout pas du tout organiser. Après le bus, j'ai pris un taxis puis marcher 4 km pour me retrouver au milieu d'un grand rien, plein de silence, des reflets hallucinants et, quelques fois, le "flappoiemment" d'ailes inconnues. Au loin, quelques cimes enneigées culmine á plus de 6500 mètres. A quelques centaines de mètres, un genre de renard á grandes jambes chassait dans l'eau sans pour autant effrayer les oiseaux... Drôle d'impression d'être assis au milieu de cet endroit, seul. Encore une fois, c'est trop court. Mais pourquoi perturber cet équilibre plus longtemps...
Nouveaux trajets en bus le lendemain pour un petit village perdu dans la montagne. Dans le bus, je retrouve des amis argentins et français, croisés á Cafayate et á Jujuy. Iruya n'est accessible qu'après le passage d'un col á 4000 mètres par une piste traversant des torrents ( la route est coupé régulièrement) et se rétrécissant quelques fois dangereusement. Alors, la concentration du chauffeur rassure un tout petit peu... Après trois heures de route (70 km), on découvre la petite église bleu ciel du village entre les falaises multicolorées. C'est tout simplement beau. Après un petit tour dans le village et un repas rapide, on part avec Agnes et Mathieu á le recherche d'un village indien niché dans la montagne. Malheureusement, je doit faire demi tour á mi-chemin pour reprendre le bus. C'est une des premières fois dans le voyage où je ne fais pas ce dont j'ai envie. J'ai mon billet pour le bus vers le Chili pour jeudi. Je ne peux malheureusement pas prolongé mon séjour ici pour revenir découvrir cette vallée superbe. Ce n'est que partie remise, bien d'autres vallées m'attendent plus au nord. Ça m'a donné envie et c'est bien.
Demain, je retourne donc au Chili, á plus de trois milles kilomètres au nord de Chiloe, á San Pedro de Atacama, au milieu du désert... Une autre découverte.
Chau Che, Chau Chicas, Chau Argentina.
Décidément, tous les pays me plaisent... Je reviendrai certainement en Argentine.
A tout á l'heure
PS : je n'ai toujours pas de réponses quant aux bosses sur les pistes et les chemins de terre.
C'est á présent le printemps en France, il n'y a donc plus la raison de l'hibernation pour ne pas donner de nouvelles. Alors, á vos claviers, vous ne pouvez pas savoir combien ça m'intéresse...
Et puis un petit exercice pour vous faire dégeler les méninges : A quoi vous fait penser le printemps ? réponse ci dessous dans "Comment"

5 Comments:

  • si tu savais!!

    By Anonymous Anonyme, at 09:34  

  • les 1 an de totor
    qui est en pleine forme d ailleurs tout comme toi hormis tes maux de ventre;;;;j espere que ca passe en tout cas;;;;
    sinon j adore regarder ton blog pour t imaginer la bas si loin perdu;;;mais content
    gros gros bisou

    By Anonymous Anonyme, at 15:35  

  • Attention ! Si tu montes jusqu'en Bolivie... C'EST TRÈS TRÈS BEAU !!!


    Voilà, on t'a prévenu.

    By Anonymous Anonyme, at 23:15  

  • super ! comme toujours! Yo-cox

    By Blogger yo-cox, at 19:17  

  • Pour moi le printemps c'est comme une bulle de savon à la fin d'une douche écossaise : on se doutait bien que le froid finirait par finir mais on savait aussi qu'on arrêterait pas d'en baver comme çà tout d'un coup, qu'il faudrait bien encore quelques désagréments avant d'accèder au nirvana du bien-être tout doux tout propre : il va falloir se taper encore quelques ondées bien glaciales avant d'être prêts à sortir en bermudas ou robe légère !
    ceci dit c'est tout bon de revoir les couleurs des mimosas et des prunus, je sais pas si vous en avez en Amérique du Sud mais ici à La Trinité c'est un vrai bonheur.
    Un autre cliché pour nouzot' trinitains : le printemps c'est les employés municipaux qui surgissent un matin pour redonner des couleurs aux parterres des rond-points... pauvres fleurs qui seront sauvagement abîmés par les voitures mal garées des voileux du Spi Ouest quelques semaines plus tard... mais ne crachons pas dans la soupe, on a hâte de les voir arriver pour remettre un peu d'animation dans notre petit bourg et surtout pour nous donner des sujets de conversations une fois que la kermesse nautique sera finie... c'est que c'est long, les mois qui nous séparent des vacanciers de l'été... autre grand sujet de prédilection des locaux : combien y aura-t-il de voitures dans les jardins des résidences secondaires cette année... et les 78 auront-ils enfin la médaille d'or ou sera-ce encore les 92 ???

    Bref, le printemps, c'est aussi comme une dragée : dehors, c'est tout sucre tout doux, dedans, une fois qu'on l'a bien léchée et resucée ... c'est tout sec et çà peut même faire mal aux dents !...

    Bon, en attendant l'été, et le prochain concours, j'espère que vos continuerez à nous faire rêver le long des chemins sud-américains...

    A bientôt vous lire !

    By Anonymous Anonyme, at 20:09  

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