je vais faire un petit tour

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lundi, octobre 03, 2005

Etonnante Lanzarote. L'île au Volcan. Derrière sa façade d'usine à tourisme, cette île revêt de fabuleux trésors. Déjà son champ de lave datant d'une éruption du XIXe. Sur des hectares, c'est le royaume d'une roche noire aux formes tourmentées presque agressives. La route le sillonne sur des kilomètres. C'est impressionnant. Le paysage est tellement minéral, sans aucune vie, que l'on en reste muet et dubitatif devant la force de la terre. Au milieu, de cette lave figée, d'énormes rochers témoignent de la puissance d'une éruption.
Plus loin dans le sud, en bord de mer, les salines montrent la présence de l'homme et sa volonté d'installation sur cette île inhospitalière. Une grande lagune alimentée par pompage dans l'océan. Des bassins sur différents niveaux d'un blanc pur ou teinté de rose crevette. Là encore, le minéral est ultra présent. L'eau laisse place aux cristaux de sel. Les murets de pierre noir. Le sable tout aussi noir tapisse les allées entre les bassins. Au bord de la lagune, un peu de terre mélée au sel forme une croute cartonneuse très agréable à fouler pieds nus mais incapable de recevoir la moindre culture. Pourtant, quelques variétés de salicorne ont essayé de pousser ici mais le soleil leur a montré qu'elle n'avait pas leur place ici. En dehors du sifflement entêtant du vent et du grondement lointain des déferlantes, le silence est impressionnant.
A quelques encablures, plus au nord, le champ de lave se jette dans la mer, toujours aussi perturbé. La cote est déchiquetée, déchirée. La mer, avec les ans, essaye d'adoucir l'agressivité de la roche en la polissant ou en la creusant de grottes irréelles. Certaines parois montrent de véritables sculptures surréalistes. L'homme n'a rien inventé. Il retransmet ce que lui offre la nature. A cette frontière entre l'océan et le volcan, on ressent les forces telluriques. Alors, on s'en emplit. On reste là à admirer presque en communion avec les éléments.
L'impression sera encore plus forte à El Golfo. Ce cratère est ouvert sur la mer qui l'a débarrassé de toutes ses scories. Reste une falaise d'une trentaine de mètres. De la pierre. De la terre. Au fond, un petit lac vert opaline. On regarde tout ça le dos à la mer, assis sur les galets noirs. Tout est figé. Rien ne bouge. Pourtant, les aspérités, les dessins de la roches ne sont que mouvements. Des mouvements oubliés, témoins des mouvements terrestres passés. Il n'y a aucune régularité, aucune répétition. Chaque partie de la falaise raconte une histoire par ces dessins. On peut rester devant pendant des heures. C'est beau et impressionnant.
Là, j'ai retrouvé les sensations connues devant les glaciers patagons, l'hiver dernier. C'est bon. Après, pour digérer tout celà, nous sommes allés voir les surfeurs sur un spot rocailleux et puissants puis sur une longue plage où j'espère bien retourner d'ici le départ samedi prochain. Le diner dans le village près de cette plage où se mélangent surfeurs de toutes nationalités et autochtones, m'a reconcilié avec cette île que je ne croyais que tournée vers le tourisme. Demain, la suite de la visite de l'île avec une petite ascension de cratère...
A tout à l'heure